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Dojo, Sweet Dojo,

Pour commencer il faut un endroit qui sente bon.


Un endroit qui ressemble à une maison, un foyer plus précisément, quelque chose ou plutôt quelque part de chaleureux.


Un lieu qu'on aura décoré avec soin, de préférence avec des objets qui nous touchent, que l'on aime, pas besoin d'y mettre beaucoup de sous, même quelques frusques dénichées sur le bord d'un trottoir feront l'affaire.


Parfois quelques fleurs de saison, parfois une bougie, de l'encens, du bois sain, de la sauge.

Donner une empreinte à un lieu, lui faire voir son charme et son caractère, qu'il devienne un hôte à par entière.


Souvent comme point de départ, des lieux qui ont une histoire, qui ont déjà eu une vie, qui ont déjà aimé, qui ont encore beaucoup de choses à offrir, à guérir, à soigner.


Ca serait le QG, la base, le cocon. La Pépinière, là où germent les idées, la Bat-cave quoi.


Ensuite, chaque petite chose qui a germé ici doit être transportable dans n'importe quel endroit. Une idée, un petit objet, une musique qu'on aime, un sentiment, un état d'esprit.


Parce que souvent les lieux où on se jardine peuvent être froids, impersonnels, c'est comme transformé quelque part sans vie en un lieu vivant.


Quelque part qui donne envie de s'y mettre, où l'on se sent bien, assez bien pour tenter des choses qu'on aurait jamais faites avant, pour dire des choses qu'on aurait jamais osé dire avant.


C'est les jupes de sa mère ou de sa grand-mère en plus grand (merci Winnicott). Avec d'autres. C'est une vraie école de la vie.


De voir un lieu qui a été abandonné et qui reprend vie, ça peut peut-être nous suggérer que nous aussi à un endroit nous pouvons reprendre vie. Reprendre le chemin du mouvement, quelque chose qui naît à l'intérieur, qui renaît même peut-être et qui un jour pourra s'expatrier.


Les animaux et les plantes y ont une place fondamentale.


Comme les murs et les odeurs ils parlent sans mots. Ils disent autrement, donne un moyen de se relier sans tout de suite passer par le verbe.


L'endroit a besoin d'avoir une belle vue sur le dehors, une vue sur le ciel. Des baies vitrées c'est une bonne chose, une verrière encore mieux.

Le ciel libre peut-être une bonne chose mais parfois c'est trop. Trop d'espace si on a besoin d'être contenu.

Pouvoir voir à travers la vitre mais sentir qu'il y a une limite qui protège du dehors. On peut regarder sans s'évaporer dans l'infini.


Quelque chose reste tel quel mais les objets doivent bouger souvent, pour indiquer qu'ils ont une vie à part entière, pour ne pas tomber dans la routine du paysage intérieur.

Juste changer un détail, c'est comme s'offrir une nouvelle coupe de cheveux, c'est presque rien et en même temps ça change tout.


Inviter les gens à exister à des endroits différents du lieu. Les déshabitués à être toujours au même endroit dans l'espace et en eux-même. Les inviter à changer de posture, un yoga de chaque instant, à changer de point de vue.


Regarder et se voir différemment. Ca s'appelle bouger. Ca s'appelle être en mouvement, se remettre à vivre pleinement.


Chaque pièce doit avoir minimum deux portes, on peut entrer et sortir de points de vue différents. Il est possible de circuler, on ne se retrouve jamais totalement enfermés.


Encore mieux si les parois de la structure peuvent bouger à volonté et s'adapter au besoin.


On connaît une pièce sous une forme, mais on sait qu'elle peut changer à tout moment.

Multiple identité des espaces.


La question d'habiter le lieu quand on s'en occupe.


Je ne sais pas si c'est réellement possible de faire autrement.

On donne l'attention au lieu qu'on donnerait à sa propre maison puisque c'est notre propre maison. On reçoit les passants comme des invités. Il y a de la personnalité, de la personnalisation, personnification?

Les limites deviennent parfois très floues entre public et privé, personnel et professionnel. Comme les nounous, nurses anglaises qui vivaient ou vivent peut-être encore à domicile (merci Mary Poppins). Il y a quelque chose de direct là-dedans.


J'imagine comme dans un ashram également. La vie quotidienne ne se distingue pas de la vie professionnelle, de la vie sacrée, de la vie artistique, de l'éducation. C'est une autre manière de penser et sentir le vivre ensemble.


A chaque instant on peut venir chercher une chose différente.


Mais nous restons des passants. Quand le refuge n'est plus nécessaire, il est temps pour chacun de reprendre sa route. De continuer son chemin. C'est une escale, une convalescence si besoin mais jamais plus.

A moins de s'occuper du lieu à son tour. Peut-être quelque chose qui se transmet, que quelqu'un devienne à son tour gardien des clés.


La porte est toujours ouverte, il suffit de le savoir. On ne ferme pas à clé. On tire le rideau à la nuit tombée mais le verrou ne se ferme pas. Ca dit quelque chose de l'accueil et de la confiance.


Certains viendront simplement ici caresser le chat.


L'activité est un prétexte pour enclencher ce déplacement. Je sors de moi, de chez moi. Je vais vers.

Ce n'est pas ce qu'on croit qui fait le travail, c'est tout le reste.


Les détails autour.


Trouver un état dans lequel on se sent tout simplement bien. Sentir le mouvement tout autant que la quiétude du lieu.


On passera boire un thé, on restera manger après un atelier ou un cours.


On fera même à manger ensemble parfois à certaines occasions.


Tout simplement,



LBB




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